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Salaires 2010
Des tendances notables en matière de salaires

Exposé de Werner Reimann, Chef de la recherche RH chez Demoscope

Comparativement, les membres des Employés Suisse gagnent toujours bien leur vie. Il convient cependant de noter certaines évolutions constatées l’an dernier.

L’année dernière, un membre des Employés Suisse travaillant dans l’industrie des machines, des équipements électriques et des métaux a gagné 8714 francs mensuels, auxquels sont venus s’ajouter d’éventuels bonus et autres indemnisations. Ce montant s’est même élevé à 9095 francs dans la branche Chimie/Pharmacie. La raison en est que les membres des Employés Suisse constituent une population active dont les qualifications sont bonnes à très bonnes, et globalement supérieures à la moyenne. Ils travaillent souvent dans de grandes entreprises qui ont tendance à verser des salaires plus élevés.

> Calculateur de salaires 2010 (pour membres Employés Suisse)

En collaboration avec DemoSCOPE (Adligenswil), les Employés Suisse procèdent régulièrement à des enquêtes sur les salaires auprès de leurs membres. Celles-ci permettent de mettre en évidence certaines tendances notables:

•    Ces deux dernières années, les salaires de la branche MEM ont augmenté de 4,4%, contre 2,8% dans la branche Chimie/Pharmacie. La hausse des prix enregistrée pendant la même période n’ayant été que de 1% en Suisse, on observe donc une légère augmentation du salaire réel dans les deux branches.
•    Depuis 2002, les catégories des cadres intermédiaires et supérieurs ont nettement moins gagné que les cadres inférieurs, les spécialistes et les collaborateurs sans fonction de direction. A cet égard, les salaires ont eu tendance à s’équilibrer.
•    L’augmentation des salaires depuis 1999 est nettement plus élevée chez les employés qui ont suivi un apprentissage ou bien qui n'ont pas de CFC que chez leurs collègues ayant fait des études dans une université ou une haute école spécialisée.
•    La rémunération des plus âgés, mais surtout des plus jeunes actifs, a évolué de façon nettement plus modérée depuis 1999 que chez les employés âgés de 31 à 55 ans. Le salaire de base moyen des générations proches de la retraite (56+) est aujourd’hui de près de 3% inférieur à celui des 46-55 ans.
•    La part du salaire de base garanti dans la masse salariale est en recul. Ainsi, dans la branche Chimie/Pharmacie, les bonus ne représentaient en 2005 que 4,7% du salaire final, contre seulement 1,8% dans la branche MEM. Aujourd’hui de respectivement 8,5% et 3,8%, cette part a approximativement doublé. Dans le même temps, la proportion de personnes ayant droit à un bonus est passée de 51% à 68%.
•    En 2007, seuls 10% du personnel étaient détenteurs d’actions de leur entreprise. Aujourd’hui, ils sont déjà 15%.


Flexibilisation de la retraite

Certes, seuls 43% des membres des Employés Suisse s’intéressent activement à la question de la retraite anticipée, mais leur répartition varie fortement avec l’âge. Les plus jeunes ne sont qu’une petite minorité à réfléchir sur le sujet. En revanche, la proportion atteint près des trois quarts de ceux qui ne sont plus qu’à dix ans, au maximum, du départ en retraite.

Moins d’un cinquième des participants à cette enquête excluent de partir plus tôt. Parmi ceux qui sont peu éloignés de l’âge de la retraite (56+), 37% déclarent même leur intention de partir précocement, voire ont déjà pris des dispositions dans ce sens. Dans ce groupe d’âge, 42% de plus s’imaginent, tout du moins, prendre plus tôt leur retraite.

Ceux qu’une retraite anticipée intéresse entendent financer ce projet en recourant à parts égales aux trois moyens classiques à leur disposition: la prévoyance professionnelle, le 3ème pilier, et leurs économies personnelles.

Illusions et réorganisations

Les employés justifient leur désir de retraite anticipée notamment par des raisons de santé ou des projets d’avenir personnels, mais aussi par les changements dans l’entreprise.

Ceux qui souhaitent quitter prématurément la vie active préféreraient majoritairement (68%) une réduction progressive de leur temps de travail, ceux qui privilégient plutôt un départ brutal étant moins nombreux (31%).

Nombreux sont les membres des Employés Suisse à être conscients de l’éventualité de devoir se mettre en retrait au cours de leurs dernières années de vie professionnelle.

Manifestement, la décision en faveur ou à l'encontre d'un départ en retraite anticipée incombe au premier chef aux personnes concernées. Rares sont les entreprises qui prennent activement les devants en la matière.

Travailler plus longtemps – oui, mais sur la base du volontariat

La flexibilisation de l’âge officiel de la retraite peut aussi signifier rester actif au-delà de l'âge officiel. Les employés envisagent-ils un tel cas de figure? La réponse est clairement oui! Ils sont tout juste un tiers à penser catégoriquement tirer définitivement leur révérence au plus tard à l’âge officiel de la retraite. Tous les autres s’imagineraient continuer à travailler – à leur poste actuel pour une minorité d'entre eux toutefois. Les emplois les plus fréquemment évoqués concernent des missions occasionnelles (à temps partiel) et des activités bénévoles. Les dispositions dans ce sens demeurent étonnamment constantes quel que soit le groupe d’âge.
 

   
 
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