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Exposé Benno Vogler, Président des Employés Suisse Après avoir subi l'effondrement global de l'économie au cours des dernières années, la confiance et les perspectives conjoncturelles sont aujourd'hui plus positives. L'économie se remet en mouvement, et l'optimisme revient. Voilà les conditions cadres parfaites pour poser ses revendications salariales; en effet, si l'économie se porte à nouveau bien, tous ceux et celles qui y contribuent doivent en profiter.
Cette équation devrait d'ailleurs également fonctionner dans l'autre sens: Lorsque l'économie se porte mal, tous et toutes doivent apporter leur contribution pour qu'elle se remette. Les Employés Suisse ont pris cette responsabilité et l'ont mise en œuvre. Renoncer à une augmentation de salaire (dans les entreprises fortement touchées par la crise économique) a été la contribution de nos membres à la mauvaise situation économique de l'an passé. Notre objectif était de garantir l'emploi, le revenu et les conditions de travail. Côté employeurs, ce signal a certes été bien perçu et mentionné avec des éloges, mais pas vraiment honoré. Le patronat n'a pas donné suite à ce geste, synonyme de solidarité. Des salaires élevés pour les managers et des bonus Dans les bureaux feutrés, on continue de se remplir les poches. On maintient sciemment les effectifs à un niveau trop faible. On fait étalage de chiffres d'affaires et de recettes par franc de salaire élevés, et on justifie ainsi les hauts salaires des managers et les bonus. On oublie toutefois ici un aspect. Si les commandes évoluent de manière positive et que le nombre d'employés reste sciemment à bas niveau, on aura tôt ou tard un problème: Il n'y aura pas d'employés ni de savoir-faire technique pour honorer ces mandats. Le management ne peut pas se permettre de ne pas livrer les commandes dans les délais ni de fournir du travail de qualité insatisfaisante. Pour éviter ce risque, on achète les travailleurs nécessaires à court terme – et tout à coup, le prix n'a plus d'importance. Et – ce qui est pire encore – ce prix souvent élevé n'apparaît pas dans la masse salariale, mais est comptabilisé dans les frais de projet! Vu sous cet angle, les chiffres d'affaires et les recettes par franc de salaire sont plus que relativisés. Malheureusement, les excellents résultats de 2007-2008, qui constituent en partie des chiffres record pour les entreprises et qui ont été les meilleurs réalisés depuis plusieurs décennies, servent de barre à dépasser pour les objectifs budgétaires. Ces résultats de pointe, obtenus à l'aide d'heures supplémentaires, de reports de vacances et de personnel temporaire, doivent de nouveau être atteints en pleine situation économique difficile. La quadrature du cercle. Un serpent économique qui se mord la queue. Les employés sont ceux qui en pâtissent Cette quadrature du cercle se transforme en cercle vicieux: Les objectifs fixés par le management qui pense uniquement au court terme ne peuvent pas être atteints, on invoque le contexte économique comme argument et, au final, on convoque les employés pour les licencier. Le management ne prend pas la responsabilité du désastre généré par ses décisions erronées mais laisse les employés payer les pots cassés. Justement ceux et celles qui possèdent le savoir-faire et qui étaient prêts l'année passé à participer à une "ronde zéro franc" parce qu'ils croyaient garantir ainsi leur emploi. Ces employés sont nos membres. Ils font tourner le moteur économique, ont fait en sorte que, grâce à leur engagement, les entreprises puissent maintenant se ressaisir et que l'économie n'ait pas totalement arrêté de tourner. Avec leurs 24 000 membres, les Employés Suisse représentent en quelque sorte la classe moyenne. Si cette classe moyenne jette un regard sur les dernières années, elle voit une image qui ressemble à une autoroute à trois voies. La classe moyenne était et est au centre – et à gauche et à droite le moteur tourne. La classe moyenne doit profiter de la croissance économique Au cours des dernières années, nos branches ont vu les salaires minimums augmenter régulièrement. Les salaires des managers, pour leur part, n'ont pas connu une croissance linéaire, mais exponentielle. La classe moyenne, quant à elle, n'a guère ou pas connu de mouvement. Il faut que cela change. Il n'est pas possible que ceux et celles qui font tourner le moteur se retrouvent maintenant à l'arrêt. Maintenant que la confiance augmente, que les perspectives conjoncturelles s'améliorent et que l'économie se remet en mouvement, le moment est venu pour tous d'en profiter. Les Employés Suisse ont fait preuve d'engagement – pour les entreprises, cela a été plus que rémunérateur - maintenant le moment est venu de rémunérer les employés! |